Tous les saints sont à l’intérieur
Depuis quarante jours, il pleut sur la Brie, une région victime de la péri-urbanisation et colonisée par « ces administrés franciliens fraîchement débarqués ».
Des pluies diluviennes contraignent quatre frères à se retrouver dans la ferme familiale, où demeure l’aîné, André Cheutier, maire déchu de La Chapelle-en-Brie. Les quatre hommes ne se sont pas parlés depuis bien longtemps et leurs silences sont d’une grande éloquence. Les reproches s’enchaînent au rythme des bouteilles de vin grands crus qu’André siffle de peur que sa cave soit inondée. Les secrets de famille éclatent, le soir de la Toussaint, dans un milieu rural dont seuls les murs de la ferme familiale portent encore les stigmates de la rusticité briarde.
Une Chapelle reine du silence
De père briard, Alain Gautré met en lumière une zone géographique francilienne avec tout le silence qui la caractérise. Ces quatre frères, qui s’opposent tout au long de la nuit de la Toussaint, procèdent d’un croisement improbable et incarnent la fin d’un monde rural accélérée par l’industrialisation et son influence sur les comportements de ceux qui en subissent les conséquences. Saturés de contradictions, chaque personnage tente à sa manière de sortir du piège que la société capitaliste leur a tendu et dans lequel ils y ont finalement trouvés leur compte. Des situations clownesques, un rythme soutenu par des jeux de mots trop prévisibles pour être drôles, comme « tu t’es fait refaire les paupières à l’œil », caractérisent l’écriture de l’auteur qui met ses personnages à l’épreuve d’une expression corporelle dont les acteurs semblent ne pouvoir faire l’économie pour interpréter cette pièce.
« La Chapelle-en-Brie » sera jouée au Théâtre du Rond Point à Paris à partir du 15 septembre.
La Chapelle-en-Brie
D’Alain Gautré
site web












Pas de commentaire pour l'instant