Une carte d’identité ? C’est un passeport à la liberté, aux droits, au travail, au logement… à la vie !

Erol est un homme sans histoire et sans papier, à la recherche de son identité et d’une liberté qu’il entrevoit entre les grilles d’une prison, de sa prison. Il y a aussi son compagnon, lui aussi sans papier, à la recherche d’un ailleurs. Autour de ces deux hommes, il y a une Autorité, la Loi et des droits auxquels ils n’ont pas droit.

C’est un spectacle fait de mouvements, de bribes de paroles, de bruits et de lumières. Un univers sonore et lumineux qui laisse le spectateur dans une position de biais. Quatre personnages sont au centre de la scène. Le spectacle débute par deux comédiens, hommes sans papier, dans une prison entourée de néons et de barrières. Il y a une barrière incarnée par l’Autre, l’Etat, l’Autorité et qui engendre à l’égard du sans papier un refus à toute espèce de droit à la vie.

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Crédit photo Eric Legrand

Le jeu des comédiens est à la frontière d’un non-jeu voulu et d’un jeu très physique comme marqué par une présence oppressive. Jouer l’exil, c’est jouer l’ailleurs, la frontière. Les comédiens jouent avec un micro qui devient un élément de jeu important. Il est utilisé toutes les fois que l’Autorité et l’Etat prennent la parole. Il est aussi un porte-voix des sans papiers à l’égard de l’Autre. Comme un appel au secours, une délivrance pour crier une tristesse, un désarroi, une incompréhension. La pièce retrace différentes étapes de la vie d’Erol autour de sa détresse, de son histoire d’amour avec sa femme, de son rapport avec l’Etat et avec lui-même. C’est un parcours fait de peur, d’oppression et d’une volonté de vivre librement. C’est aussi une course poursuite à la liberté.

Liberté, j’écris ton papier…

Crédit photo Eric Legrand

Crédit photo Eric Legrand

Le spectacle revendique la liberté fondamentale qu’a chaque personne de vivre librement, sans le souci de poursuivre une liberté dans une démocratie qui revendique haut et fort dans sa constitution les droits de l’homme et du citoyen. Elle marque au fer rouge une démocratie, la France, sur le drame des sans papiers. Les quatre comédiens récitent, papier à l’appui, des articles des droits de l’homme et du citoyen sur la protection, la dignité, et la liberté d’expression que tout individu peut et doit avoir en France. A chaque article lu, les comédiens éclatent de rire. Une provocation qui met à nu une triste réalité.

Être sans papier, c’est avoir peur et s’enfermer par rapport à l’Autre et par rapport à soi-même. C’est se construire des barrières intérieures qui font face aux barrières extérieures inhérentes à tout immigré voulant chercher un travail, un toit, une situation stable lorsqu’il arrive de son pays. Des images vidéos sont projetées en arrière fond pour mettre en image le parcours d’Erol. Elle sous-tend, par le biais de lumières, une tension de jeu, une traque, une poursuite à l’égard d’un ailleurs ou d’une fuite à l’égard de quelque chose. La pièce verse parfois dans des lieux communs même s’il faut saluer un spectacle qui allie différentes tonalités artistiques donnant à la pièce une griffe un peu décalée.

[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] Contrôle d’identité (site web)
Texte, mise en scène et scénographie d’Alexandra Badea
Avec Madalina Constantin, Corentin Koskas, razvan Oprea et Carine Piazzi.
Chorégraphie de Serge Aimé Coulibaly
Création vidéo d’Emilie Aussel
Création Lumière de Philippe Amblard

Jusqu’au 26 septembre
Du mardi au vendredi à 20h, le samedi à 16h
Réservation : 01 40 03 93 95
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