Balé de rua

Balé de rua

Ça vient de la rue !

La musique n’a pas encore commencé que la salle est en effervescence. Les percussions parlent directement au cœur et les couleurs de la scène réchauffent les esprits. Aux premières mesures, le ton est donné. Bale de rua vous embarque pour un voyage qui va vous en mettre plein la vue. Une explosion de sensations contagieuse.

Danse métissée et musique enfiévrée… Révélé à la Biennale de Lyon en 1992, le spectacle continue son ascension pour séduire un public conquis d’avance. Conquis en se basant sur les clichés du Brésil qui balaye nos réflexions avant de rejoindre notre fauteuil. Le premier tableau ne nous détrompera pas. Un Brésil carte postal s’ouvre aux spectateurs touristes de la soirée. Un échafaudage en arrière plan car l’histoire se déroule dans un quartier populaire d’une petite ville du Minas Gerais, Uberlândia. L’échafaudage c’est un peu aussi la métaphore du Brésil en construction et de son peuple. La rue offre sa richesse à un petit groupe uni par la même volonté de réinventer un monde et qui danse leurs rêves, leurs désirs et leur désespoir parfois. Les percussions donnent le signal d’un décollage vers le rythme et la démesure. Le corps s’agite en samba, la tête dodeline en mouvement comme un petit grain de folie qui envahit l’air. La seule femme de la troupe, Sandra Mara Silva Gabriel, fait son apparition pour dompter en samba ses acolytes masculins. Le cadre correspond à nos attentes. Ivresse du rythme et joie ambiante. Un captatio benevolentiae qui attrape l’attention pour mieux nous ouvrir enfin les portes du vrai visage du Brésil et de son histoire.

Pépite brésilienne

Crédit photo Stéphane Kerrad

Crédit photo Stéphane Kerrad

Derrière les paillettes, la douleur d’un passé où le poids de l’esclavage est encore présent dans les racines du pays. A côté de la samba se greffe comme une évidence les influences africaines qui donnent une profondeur à la danse. La capoeira, danse de combat, se mêle à la break dance, comme un cri de résistance. L’esthétique en patchwork qui propose des tableaux où la folie vient mettre son grain de sel nous rappelle que le surréalisme fait partie du quotidien. Magnifique tableau des hommes en robes qui dansent en derviche sur un ave Maria à la sauce brésilienne. Les sens sont exacerbés par les percussions qui mènent à la transe, par les couleurs dont les danseurs se peignent à même le corps comme des éclaboussures de vie, par l’omniprésence de la mort qui cohabite avec le bouillonnement de désir qui s’étale en musique. La compagnie Balé de rua, créée par Fernando Narduchi, Marco Antônio Garcia et José Marciel silva, résonne comme un hymne à la vie, qui éclate parfois un peu dans tous les sens, sans toujours laisser le temps d’émouvoir mais qui diffuse une énergie et une générosité qui enveloppe la salle pour donner envie de partager danse et culture avec une troupe qui continue sa tournée pour mettre le Brésil à l’honneur.

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Balé de rua (site web)
Chorégraphie : Marco Antônio Garcia
Musiques originales : Naná Vasconcelos et Vincent Artaud
Avec : Alexandre Bento da Silva, Denner Moreira Rodrigues, Diorge Marlon dos Santos, Alysson Aparecido dos Santos, Guilherme Nascimento de Souza, Jardel Santos Silva, Jhony Marcos Cardoso Rodrigues, Jhonata Gomes Machado, Jivago Afonso Silva, José Marciel Silva, Júlio Cesar Ferreira, Marcos Paulo Bertoldo, Paulo Augusto Carmo dos Santos, Paulo Edson Cardoso Silva, Sandra Mara Silva Gabriel, Wisney Gomes Mendonça
Collaboration artistique : Paul Desveaux, assisté de Amaya Lainez
Conception lumières et assistant scénographie : Nicolas Simonin
Direction artistique et préparation physique : Fernando Narduchi
Direction « Balé de rua » : Marco Antônio Garcia, José Marciel Silva et Fernando Narduchi
Responsable technique « Balé de rua » : Marcio Antônio Garcia

Jusqu’au 26 septembre
Du jeudi au samedi à 20h, samedi à 15h

Casino de Paris
16, rue de Clichy, 75009 Paris
Réservations : 08 926 98 926

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