« Mortel ! » cet immortel

Merci_d'être_avec_nousObaldia immortel ? On le savait et ces derniers impromptus n’ont pas d’âge. Ils sont étonnants de jeunesse. On le connaissait gai, profond et fin dans son écriture. Dans ses derniers impromptus, il l’est resté en restant très proche d’un théâtre traitant de problèmes très terre à terre. Ici, nul travers de la réalité, ce sont des tranches de vie saignées dans le vif dans lequel l’auteur décale le curseur pour en extirper les contradictions ou les impasses. Obaldia montre avec humour et finesse les contours et aspérités de situations plus ou moins cocasses.

1… 2… 3… 4… et 5 impromptus !
Il y a cinq impromptus. « Merci d’être avec nous » est une interview décalée de confidences plus ou moins heureuses de l’actrice Lili Galoche au journal télévisée. Dans « Une page tournée », c’est un couple, Gérard et Sabine, qui se sépare. Dans « A bâtons rompus », ce sont Nadège et Véronique qui discutent dans une vacuité proche du néant. « Les retrouvailles » est l’histoire de Lucien, alias Lulu, qui a quitté Sophie, alias Fifi, sans mot dire. Puis Lulu revient quelques années après… juste après que Fifi pile poil hérite d’une grosse somme d’argent. « L’extra-lucide » raconte la fin d’une journée difficile de la voyante extra-lucide madame Eva avec une de ses patientes.

Tout tourne autour de la communication et de ses avatars. Au vide de la communication succède le trop plein ou les problèmes de communication. Un thème que l’auteur maîtrise dans un art consommé de la réplique.

Le style de Obaldia est toujours aussi fluide, vif. A 91 ans, René de Obaldia n’a rien perdu de sa vigueur et de son humour tranchant. On le savait fin et spirituel avec la langue de Molière dans laquelle il a déjà montré toute sa verve dans « Les bons bourgeois ». Ici, il sait aussi employer l’argot de la jeunesse d’aujourd’hui. Et là, l’« immortel » devient « mortel » !!

Merci d’être avec nous
De René de Obaldia
Editions Grasset & Fasquelle
61, rue des Saints-Pères
75006 Paris
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