Une Carmen fait de rias, de chant et d’amour…

L’amour est enfant de bohème et Carmen ravive les passions jusqu’à la mort… Don José, le gardien qui finit par devenir bourreau, n’a pas les clés pour enfermer l’oiseau rare à double tour. « Jamais Carmen ne cédera. Libre elle est née, libre elle mourra. »L’opéra créé en 1875 s’invite au théâtre musical Marsoulan dans une mise en scène épurée qui laisse toute sa place à la partition de Bizet…

Carmen sans fanfreluches
affiche carmenOdile Faniard dans le rôle de Carmen arrive à investir un personnage énigmatique et complexe et ce, grâce à une tessiture vocale mêlant des couleurs riches et chaudes. Dans « Habanera » et « La chanson bohème », la mezzo soprano montre une maîtrise vocale et un registre étendu. Dans le rôle du brigadier, le ténor lyrico spinto Franck Lamberto a une tessiture de voix chaude et enveloppée avec une agilité certaine. Dans le rôle de Michaëla, le soprano lyrique Tatiana Yurkova donne une couleur claire au spectacle. De par son ambitus, elle fait un contrepoint remarquable avec le ténor Franck Lamberto dans un duo vocal de toute beauté. Sa tessiture de voix donne un vibrato aérien à ce duo et à l’opéra. Le baryton basse Antoine Abello, alias Escamillo, a une tessiture de voix chaude et grave avec un registre vocal très large donnant à son personnage une autorité naturelle et une présence certaine. Quant au pianiste Yann Lombard, il a l’exercice difficile de faire vivre derrière son piano tout un orchestre et y réussit avec talent. Avec maîtrise, il nous emporte dans une odyssée musicale où le piano devient, le temps du spectacle, l’instrument roi de l’Opéra.

Le spectacle est un condensé gardant toute la quintessence de l’Opéra. Comme pour le décor, la mise en scène est simple, dépouillée. La mise en espace est surtout menée par Odile Faniard dans le rôle de Carmen créant un déséquilibre léger avec les autres interprètes qui sont plus statiques. Exercice difficile, elle joue aussi de castagnettes dans un tour de chant. Le metteur en scène Jean-Michel de Maison Rouge a opté pour un Opéra fait de simplicité. Simplicité dans les décors où trônent au milieu de la scène une table et deux chaises rouges recouverts de velours. Il a choisi de faire abstraction du décor. Le jeu s’en trouve irrémédiablement transformé même si les déplacements et la mise en espace auraient pu être plus riches et variés. La dernière scène, lorsque le brigadier Don José poignarde Carmen, manque un peu d’implication dans le jeu.

Le spectacle est un voyage, une invitation à l’Opéra. Il faut enfin saluer, chose malheureusement trop rare, une tentative de démocratisation de l’Opéra. La preuve en est qu’avec très peu de décors et comme monnaie d’échange le talent des interprètes, l’Opéra peut être ouvert, riche et accessible à tous.

[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] Carmen (site web)
De Bizet
Livret : Henri Meilhac et Ludovic Halévy
Mise en scène : Jean-Michel de Maison-Rouge
Distribution : Odile Faniard (Carmen), Franck Lamberto (Don José), Tatiana Yurkova (Michaëla), Antoine Abello (Escamillo)
Piano : Yann Lombard
Jusqu’au 30 août, du mercredi au samedi à 21h, dimanche à 17h

Théâtre musical Marsoulan
20 rue Marsoulan, 75012 Paris
Réservations : 01 43 41 54 92
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