« Renaud et Armide » est une fable tirée d’un poème épique de la renaissance. De celui-ci, le génial Cocteau en a fait un morceau de modernité dans une langue que Corneille n’aurait pas reniée. Dans « Jérusalem délivrée » écrite par Le Tasse en 1581, Jean Cocteau s’est inspiré de l’épisode où Renaud au cours de la première croisade rencontre la fée Armide qui tombe amoureuse de lui. Mais d’un amour malheureux et impossible.

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Dans la pièce écrite par Cocteau, Renaud est amoureux d’Armide qui est sous la garde de la magicienne Oriane. Sous une apparence invisible, elle est pour Renaud un mystère et un idéal dont il s’éprend avec passion. Touchée par l’amour de Renaud, Armide décide de lui apparaître mais Renaud est dégrisé. Pour regagner cet amour, Armide doit se séparer de la bague d’Orphée pour la remettre à Renaud. Par ce don, elle redeviendrait une simple mortelle qui mourra du premier baiser qu’elle recevra du détenteur de la bague d’Orphée. Fera-t-elle ce double sacrifice ?

Jeu, musique et mouvements
La pièce débute de façon un peu biaisée, un peu empruntée. Les comédiens, mise à part Aurore Evain dans le rôle d’Oriane, ne sont guère dans leurs personnages. Comme un peu à la traîne de leur histoire. Jouant de vers dont ils n’arrivent pas à extirper tout l’éclat et le naturel. Puis, la dynamique prend. Le volume de jeu s’installe. Le rythme devient plus soutenu créant ainsi une symbiose entre les personnages.

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La mise en scène de Jean-Louis Bihoreau fait la part belle aux mouvements, à la musique, aux sonorités. Il y a une antinomie entre les personnages avec Ivan Cori, dans le rôle d’Olivier, qui plante un personnage emporté par l’émotion, déclamant les vers avec une force un peu trop jouée, trop lancée. Son jeu est mû par une tension vive. Antoine Berry Roger, dans le rôle de Renaud, plante un personnage plus calme, comme maître de ses émotions qui tranche avec celui d’Olivier.

De même, entre Oriane et Armide, c’est le rapport entre amour et haine contenue, douceur et rudesse qui tissent le lien entre nos deux personnages. Aurore Evain joue une fée mue par une méchanceté contenue, une haine rentrée à l’inverse de Véronique Lechat, dans le rôle de Armide, qui dans un jeu plein de grâce et d’élégance montre au fil de la pièce un personnage transporté par une sensibilité à fleur de peau. La pièce est dans un rapport de déséquilibre agencé entre les personnages. « Renaud et Armide » ou l’histoire d’un amour possible qui devient impossible.

[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"] Renaud et Armide (site web)
De Jean Cocteau
Mise en scène par Jean-Louis Bihoreau
Assistante à la mise en scène : Aurore Evain
Avec Antoine Berry Roger, Ivan Cori, Aurore Evain, Véronique Lechat
Jusqu’au 9 août
Du lundi au dimanche à 19h

Théâtre hôtel la Gouthière
6 rue Pierre Bullet, 75010 Paris
Réservations : 09 70 40 53 28
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