Les histoires de couple ? C’est pas d’la balle !
Qui a dit que l’amour rimait avec toujours ? Ce n’est surement pas Gino et Lulu !! Oh que non….
Deux histoires en décalé. Une histoire d’amour qui part en quenouille et une autre qui se construit au fil de l’eau entre méfiance, tentation et doute. Une mise en abime de deux histoires où le fil de l’amour, dans l’une, délie les êtres, quand dans l’autre, il les lie.
L’histoire entre Lulu et Gino est celle d’une déréliction. Chacun des deux amoureux se sent délaissé. Ils semblent à la fin de leur histoire. Une histoire où le désir et l’envie ont fait leurs valises. Quand le rapport entre deux êtres n’est plus que le souvenir d’étreintes, le déchirement n’en devient que probable.
L’histoire entre Muso et Bulle est celle d’un espoir d’amour. Celle qu’entrevoit Muso dans le regard de Bulle. Mais Bulle a juré par ses grands dieux qu’elle ne tombera plus jamais amoureux d’un « mec ».
Le théâtre de Xavier Durringer est un théâtre qui donne la part belle à la violence et à la crudité des mots avec des mises en situation où le manque de communication et le rejet de l’autre est une constante. Où l’échec et les culs de sac sont comme l’issue et le destin des personnages.
Mis au ban du décor
Un banc au milieu de la scène pour seul décor. Lieu de rencontre, de discussion et de dispute de nos couples. Ce sont des histoires simples du quotidien. Des amoureux qui ne se bécotent pas vraiment sur un banc public. Là, on s’éloigne. Ici, on essaie de se rapprocher. Le banc est ce lieu assis qui amène la réflexion, la pause ou le départ. La salle fait partie de la scène. Les couples se quittent dans le noir du public. Comme si la scène devenait un lieu où l’interdit du départ avait élu domicile.
Le metteur en scène, Adrien Jolivet, a décliné dans cette pièce deux mises en rapport différentes. Dans l’histoire entre Lulu et Gino, la relation procède par déséquilibre. Le garçon, le « mec », est tout en rondeur, en arrondi dans sa relation cahoteuse avec sa belle, sa femme Lulu. Rien d’anguleux, de vif et de cassant. Les répliques de Durringer sont en décalage de fond et de forme par le jeu de Yannick Nasso dans le personnage de Gino. Pas de cri de révolte dans l’échec. Tout est presque posé.
Dans l’histoire entre Bulle et Muso, le rapport est plus frontal, plus direct, moins ambigu où Jérémie Meiler, dans le personnage de Muso, est tout en force comme habité d’une libido qui le pousse à oser l’optimisme. C’est le seul personnage dans ces deux couples qui voit dans l’autre un espoir.
Il est à noter le très beau jeu de Céline Espèrin qui dans le rôle de Lulu fait montre de toute une série d’émotions. Larmes, rire, tension, tendresse font l’apanage de son jeu où sa maitrise des ruptures de jeu est consommée. Morgane Welther, dans le personnage de Bulle et dans un autre registre, alterne une fille aguicheuse en proie au désir avec une position revancharde à l’égard de la gente masculine. Les jeux de Jérémie Meiler et de Yannick Nasso sont en opposition de phase avec un Muso porté par l’amour quand Gino en est blasé. Une mise en scène simple qui courre vers l’essentiel quand nos deux couples courent vers l’amour.
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Bal-trap (site web)
Xavier Durringer
Mise en scène d’Adrien Jolivet
Assistante à la mise en scène : Soraya Djafri
Avec Céline Esperin, Jérémie Meiler, Yannick Nasso, Morgane Walther
Jusqu’au 25 juillet
Du mercredi au samedi à 20h
Aktéon théâtre
11 rue du général Blaise, 75011 Paris
Réservations : 01 43 38 74 62[/slider]














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