Mais qu’on la laisse tranquille !

« Laissez-moi seule » serait les derniers mots qu’aurait prononcés lady Di à un paparazzi de la portière de sa voiture juste avant l’accident. Mais il s’avère que cette version des faits est aujourd’hui largement contestée. Voire occultée.

Duch, Arthur et Girl Friday sont les surnoms de personnes connues de tous et issues tout droit de la royauté et de la noblesse anglaise. Duch est le petit nom que donnait sa sœur à Lady Diana Spencer enfant, plus connue sous le nom de Lady Di. Arthur est le dernier prénom du prince Charles, employé selon les exégètes pour des circonstances très intimes. Et Girl Friday est celui dont usait le prince Charles à l’égard de Camilla Parker Bowles. Sur scène, on les retrouve entre le moment de la mort de Lady Di et de son mariage en passant par un bout de son enfance. Un destin tragique qui a commencé comme un conte de fées et a fini comme un drame.

C’est la trajectoire de ce destin qui est retracé avec en filigrane la figure de Lady Di. Lady Di dont tout le monde connaît un peu sa vie, sa personne, ses combats, ses amours, son visage, son sourire. Bruno Bayen, l’auteur et metteur en scène, a exploité les filons des étiquettes qui collaient au personnage de Lady Di. Princesse Diana une idiote ! Pardi, c’est certain avec cet air un peu nunuche qu’elle avait quand les journalistes lui posaient des questions. Elle sera donc idiote sur scène. Mais une idiote assumée qui transcende son idiotie par une certaine clairvoyance sur l’état de celle-ci.

LAISSEZ MOI SEULE -

Crédit photo Vincent Pontet

Dans les coulisses de ce ménage royal entre Arthur et Duch, il y a Girl Friday. Duch et Arthur sont dans un rapport de confidentialité mâtiné d’un amour un tant soit peu platonique et restant dans les convenances royales qui s’imposent. L’amour fou s’habille d’une grosse laine de patience. Derrière les intrigues, l’espionite, les problèmes de nutrition, la montée des marches, leur redescente, tout un kaléidoscope Lady Dianesque qui se déroule devant nous.

Pièce royale
Plusieurs décors simultanés viennent investir la scène tout au long de la pièce. Ceux-ci sont larges, vastes. Un peu froids. Créant une distance par rapport au public. Ils englobent la scène et l’enserrent un peu trop parfois. C’est une comédie. Légère, fugace mais suffisamment chevillée pour qu’on ne l’oublie pas. Une comédie qui manque un peu de souffle au début. Mais au fil de l’eau, les pièces du puzzle se rassemblent donnant un bel ordonnancement, un beau jeu, un beau spectacle. Le jeu des comédiens est relevé, de qualité. Avec une lady Di rayonnante. Le chant se mêle avec harmonie au jeu. Avec humour. Car l’humour est là. Souterrain. En tapinois et apparaît par surprise. Une pièce riche en décalage de rythme, de jeu, de personnages.

[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"]
Laissez-moi seule
De Bruno Bayen
Mise en scène : Bruno Bayen
Avec Eric Berger, Lily Bloom, Axel Bogousslavsky, Brice Cousin Jérôme Derre, Florian Guichard, Clotilde Hesme, Florence Loiret Caille, Dominique Valadié
Décor : Michel Millecamps
Costumes : Renata Siqueira Bueno
Collaboration costumes : Marité Coutard
Lumière : Bertrand Couderc
Musique : Quentin Sirjacq
Son : Matthieu Moreau

Jusqu’au 21 juin
Le mardi à 19h30, mercredi, jeudi, vendredi, samedi à 20h30, dimanche à 15h30
Théâtre National de la Colline
15 rue Malte-Brun 75020 Paris
http://www.colline.fr/
Réservations : 01 44 62 52 52
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