Tout le monde n’a pas la chance d’avoir une grand-mère catholique…
L’une chante, l’autre pas. A l’heure de la libération des mœurs et d’une éducation plus permissive, Capucine profite d’une enfance colorée pendant que sa cousine Marie subit les caprices rigoristes d’une aïeule vieille école. Elle-même devenue grand-mère, Marie se souvient de cette enfance marquée au fer rouge de la bourgeoisie de province catholique et réfractaire d’antan. Un savoureux monologue qui met en scène cette mamie mono maniaque qui impose sa vision d’un monde étriqué et dont la rigueur finit par faire rire. Une grand-mère tirée à quatre épingle qui a tyrannisé son entourage de ses principes. Elle est contre tout la vieille : l’égalité entre blanc et noir, le plaisir, les jeux d’enfants, et surtout contre le progrès. Malheur à celui qui flirterait avec les sept pêchés capitaux ou qui irait à contre-courant de la Sainte Bible. Un portrait corrosif où se glisse une pointe de tendresse pour transformer les paroles d’évangile en situation cocasse. Une grand-mère qui n’a rien pour plaire sauf sa petite fille qui l’immortalise dans un monument au mort théâtral drolatique. L’enfance se déballe comme une pelote de laine qui gratte. Les souvenirs s’enchaînent, anarchiques dans cet ordre impeccable dicté par la douairière. Marie prend le parti de rire de ce chemin de croix quotidien. Le lecteur finit par s’attacher à cette grand-mère que personne n’aurait souhaité avoir.
Je vous salue Mamie
Marie Giral et Sophie Artur
Editions Art et Comédie, 10.20 €
http://www.artcomedie.com