Et après on va dire que je suis méchant

Et après on va dire que je suis méchant

Sigrist s’astique au caustique…

Vous avez une dent, voire une mâchoire entière contre les one man show ? Les soirées à écouter des sketches écrits comme le spectacle de fin d’année vous font horreur (Brecht c’est quand même autre chose) ? Les rires gras et luisants comme une peau acnéique vous donnent des boutons ? Ça tombe bien parce que le spectacle de Frédérick Sigrist c’est exactement l’inverse. Comme quoi, quand on est méchant, ça marche…

Pas vraiment méchant d’ailleurs… Juste délicieusement grinçant et d’un cynisme à vous titiller très agréablement les neurones et à vous tirer des rires comme des vers du nez. L’exercice du one man show c’est comme un speed dating amoureux. Si au bout de cinq minutes, vous n’avez pas une touche, vous allez vivre sur scène de grands moments de solitude avant de vous prendre une veste du public. Cinq minutes pour faire ses preuves et embarquer son monde derrière sa chapelle de l’humour. Sigrist séduit en moins que ça. Le courant passe tout de suite jusqu’à l’électrocution. La difficulté d’un standing ovation c’est d’associer le charisme du comédien à un texte drolatique. L’énergie de ce croisé guadeloupéen/Lorrain donne un rythme aux sketchs qui s’enchaînent comme des perles d’humour noir (normal pour un métis aurait pu répondre Sigrist).

Sigrist

C’est tellement bon d’être méchant !
Il dresse en un peu plus d’une heure de spectacle un portrait de notre société à la façon suprême d’un Guy Bedos. Politiquement incorrect, souvent border line, tous les sujets d’actu sont passés à la moulinette : des banlieues à Sarkozy, en passant par la compagnie Créole et Obama, le conflit israélo-palestinien (spéciale dédicace à Dieudonné), la situation de l’Afrique… Il joue sur la corde sensible pour vous pendre avec ensuite (un coup à s’étrangler de rire). Son arme c’est d’allier les bons mots, pour lesquels il vendrait ses parents (si vous les trouvez en promotion sur ebay, c’est le moment d’investir dans de la valeur sûre) à une interprétation irrésistible. Sigrist se glisse dans la peau de ses personnages comme une main lubrifiée dans un gant en cuir. Les scènes de la vie quotidienne deviennent des anthologies de drôlerie (les usagers du métro vivront une catharsis en direct). Un humour doré à l’or fin qui a une plume bien aiguisée et le verbe haut. Il ne reste plus qu’à faire profil bas pour saluer une performance au point virgule, qui, on l’espère, se terminera en suspension…

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Et après on va dire que je suis méchant !
Ecrit et interprété par Frédérick Sigrist
Mise en scène de Bertrand Constant
Jusqu’au 5 septembre
Lundi et mardi à 19h

Point virgule
7, rue Sainte Croix de la Bretonnerie, 75004
http://www.lepointvirgule.com
Réservations : 01 42 78 67 03

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