Attila sous les feux de la rampe

Dans un rythme effréné et sur le registre d’un absurde tout ionescien, Marie-Elisabeth Cornet nous offre un Solo burlesque et décalé. Une autobiographie fantastique écrit et avec la complicité de Samuel Légitimus et Laurent Dubost. Frédéric Yana et Karine Marchi, comédiens, ayant dirigé le Théâtre de l’Alambic pendant plusieurs années, ont ouvert leur propre théâtre « Les Feux de la rampe ». Ce tout nouveau théâtre, équipé de deux très belles salles, a ouvert ses portes le 5 février. Parmi une programmation riche, ils ont eu l’idée clairvoyante d’accueillir un spectacle génial … « Attila, reine des Belges ».

Marie-Elisabeth Cornet s’inspire de sa vraie vie pour écrire ce spectacle délirant, retraçant l’origine de sa naissance. En remontant le temps et le cours des événements, ce sont ces proches aïeux –tendrement caricaturés -qu’il nous est donné de rencontrer. Après trois ans au Cirque du Soleil en tant que clown, les créations de sa compagnie Total Théâtre dont un prix de l’humour en Avignon, Marie Elisabeth Cornet, émerveillée par la naissance de ses deux enfants, s’est retrouvée confrontée à l’absolue nécessité d’écrire « Attila, reine des Belges », une ode, en forme d’éloge aux femmes et aux mères. Un solo totalement allumé. Jacqueline, l’héroïne d’ « Attila, Reine des belges », c’est elle Marie-Elisabeth Cornet, vue à travers le prisme d’une imagination débordante et poétique.

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La chamane « à remonter le temps »
Entre par la salle, Carole Wépion chamane new age, venue secourir le docteur Shouben, désarmé face à l’obstination de sa patiente Jacqueline. Enceinte jusqu’à la pointe des cheveux (de deux ans et demi), et aussi grosse qu’une montagne, la femme refuse catégoriquement d’accoucher. La chamane déjantée va alors employer les grands moyens et va entrer dans la mémoire de Jacqueline pour effectuer un voyage cosmico-transgénérationnel.

Une multitude de personnages aux destins croisés vont se succéder, tous plus délirants les uns que les autres. Un méli-mélo d’événements permettra à Carole Wépion – toujours connectée sur la fréquence du docteur resté en clinique – de libérer les nœuds ancestraux et de trouver le comment du pourquoi « Jacqueline ne pond toujours pas ». Le public est témoin du trafic d’âmes dans les cieux, de la deuxième guerre mondiale, de la révolution Bolchevique et de ses conséquences sur les mouvements des populations et particulièrement de la génitrice de Jacqueline, Lila, hongroise de son état… Si le public est un peu perdu, c’est normal, l’actrice aussi confie l’être certains soirs. Il faut dire qu’il en défile du monde sur la scène du théâtre, de la Belgique au Congo : Nicole, aristocrate belge très peu portée sur la chose mais rêvant d’un bébé conçu par l’opération du Saint esprit, la Sainte Vierge à son écoute, puis Félicité, bras droit de Dieu, débordée et aux prises avec les caprices du grand ordinateur, la famille hongroise poursuivie par une horde de Bolcheviques, un GI roulant les mécaniques, un douanier pas très futé, un cochon ayant avalé les bijoux de famille, Dieu… Et après ce festival d’accents et de personnages hauts en couleurs … Enfin ! La délivrance de Jacqueline où toutes ces péripéties prennent sens : c’est une enfant adoptée. Un voyage proche de la science fiction chamanique, fou mais terriblement savoureux.

L’amour de mère en héritage
Avec une cape pour unique accessoire, Marie Elisabeth Cornet seule en scène, interprète tous les personnages avec l’aisance et la fluidité des très grands. Ses mimiques, sa voix, son corps sont d’une expressivité aussi précise que désopilante. Le temps passe à toute allure et l’on pourrait l’admirer encore … 350 ans. Un spectacle infiniment drôle et ponctué d’émotions. On ne peut qu’être touché par ce témoignage d’amour d’une mère, qui dans une démarche sincère, profonde et spirituelle recherche ses origines, et sa vraie mère. Et puis, quelle maman n’a pas songé à l’héritage qu’elle transmettait à son enfant en le mettant au monde ? Un one woman show comique, poétique, sublime…

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Attila, reine des Belges
Pièce de Marie-Elisabeth Cornet
Avec Marie-Elisabeth Cornet
Avec la complicité de Samuel Légitimus et Laurent Dubost
Lumières Christophe Shaeffer
Jusqu’au 24 juin 2009
Mardi et mercredi à 20h

Théâtre Feux de la rampe
2, rue Saulnier, 75009 Paris
http://www.theatre-lesfeuxdelarampe.com
Réservations : 01 42 46 26 19
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