AnnBoylenScènes des derniers instants

C’est un 18 mai 1536. A la veille de l’exécution d’Ann Boleyn. Dans sa cellule de la tour de Londres, la reine tombée de son trône attend son trépas. Le roi d’Angleterre Henri VIII est dans son château. Face à une table composée de victuailles. Lui la main dans la venaison, elle au pain et à l’eau. L’un se gave de sa vengeance. L’autre est affamée de vie à l’approche d’une mort prochaine.

C’est un dialogue, une dernière rencontre manquée entre une reine déchue et un roi repu. Ann Boleyn contre Henry VIII. Ann Boleyn et Henry VIII. Deux lieux différents. Une tour face à un château.

Henri VIII était marié avec Catherine d’Aragon. Ayant rencontré à la cour Ann Boleyn lors d’un jeu sexuel de divertissements fort courants à l’époque, il en tombe amoureux. Et veut divorcer pour convoler avec elle. Le pape refuse. Défiant le pape, Henri VIII se marie avec sa belle promise. Provoquant le schisme d’Angleterre avec la papauté.

On prête à Ann Boleyn une réputation sulfureuse. Elle aurait été très volage. Tout comme son mari. Et incestueuse avec son frère. Henri VIII excédé de tant d’écarts, la condamne à mort. Ici nous avons à faire à une discussion en décalé. Chacun des personnages étant loin l’un de l’autre. Âpres, ouvertes. Les répliques sont menées tambour battant. Directes et franches. Un échange qui laisse peu de place à des pauses ou des échanges courtois. La pièce a pour trame de fond une tension. Forte. Entre Ann et Henry. Deux monologues composant un dialogue. Sur un rythme tendu. Frontal.

Le roi Henri VIII rejette son ancien amour. Il la trouve laide. Ann Boleyn assume ces écarts. Et raconte ses possibles amours avec son frère. Tout en se remettant au roi. Reine ? Pourquoi pas. Encore et toujours. Mais le dialogue semble impossible. Et la mort. Si proche. Oui si proche.

Ann Boleyn aux éditions théâtrales
De Clarisse Nicoïdski

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