Monique s’est suicidée caisse 12
Raphaël Mezrahi inspiré par les supermarchés dont la petite vie reflète, selon lui, l’état de toute une population, a créé ce spectacle musical et théâtral. On entre dans l’illustre théâtre des Variétés comme au supermarché. Caddies de part et d’autre de l’entrée, publicités et promotions… on est en plein décalage, le ton est donné : « Aimera, aimera pas, y’en aura pour tout’l’monde ! ! ».
C’est Nicole Monestier qui nous accueille de sa voix de diva, puis – déjà – l’entracte et deux écrans qui s’ouvrent sur Pierre Bellemare. Sur le ton des « histoires extraordinaires », il nous présente cette histoire très ordinaire. Dans un décor de Supermarché Casino et entre les rayons charcutaille ou poissonaille et la caisse de Monique – jeune-fille suicidaire abandonnée avant sa naissance – il ne se passe guère d’événement, il ne passe guère de client.
Peu inquiets des états d’âme de la pauvre fille, les employés du supermarché et leur SBAM (Sourire, Bonjour, Aurevoir, Merci) sont prêts pour la journée d’inauguration des rayonnages à roulette. Ces derniers ayant la particularité d’« égarer le client, et donc de faire du chiffre » affirme le Directeur au look provincial campé par Raphaël Mezrahi. Attention : ne voir aucune logique marketing à cette formule, il n’y en a pas ! Beaucoup de clins d’œil toutefois dans ce spectacle 100% second degré, absurde et humour décalé. Et principalement dans les chansons, toutes inconnues car n’ayant jamais reçu le succès et dont les paroles ineptes ont le mérite de faire sourire. Ainsi du « J’ai un poil à mazout » de Frédéric Lecoutre, à « Ah si j’avais des plumes au cul » de Eddy Pascal, le public est baladé de do ré en fadaise, oups en fa dièse. Le spectacle se termine avec un hommage aux produits disparus : Topset, Chocorêve, Dany, Triscotte, Nesquick, Treets ou Belle des champs et avec une distribution de sacs de courses offerts par le dit supermarché.
Dites moi ce que vous achetez… je ne vous dirai pas pourquoi
Avançant à contre courant, Raphaël Mezrahi impose un style singulier, le rapprochant peut-être sensiblement de Jérôme Deschamps et Makaeieff. On aime le personnage ringard de Mezrahi auquel on a eu le temps de s’attacher depuis ses premières apparitions télévisées. Mais ici, malgré la sympathie pour son personnage, le dynamisme du très bon Arnaud Tsamère, la charismatique Ginette Garcin, l’auto-dérision d’Evelyne Leclercq ou les envolées lyrique de Nicole Monestier, il manque à cet univers de l’énergie et surtout une histoire qui tienne en haleine. Cette impression de nonchalance et d’improvisation constante est un peu déstabilisante. « Monique est demandée caisse 12 » trouvera probablement son public mais ceux qui n’entreront pas dans le délire d’emblée… risquent de se perdre en chemin.
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Monique est demandée caisse 12
Ecrit par Raphaël Mezrahi avec la participation de Amanda Sthers et Laurent Baffie
Mise en scène : Philippe Sohier
Avec Dani, Jean-François Gallotte, Danièle Gilbert, Raphaël Mezrahi, Nicole Monestier, Arnaud Tsamere, Fanny Valette, Pierre Bellemare sur les écrans et les musiciens Mathilde Febrer et Xavier Eymeric
Arrangements musicaux : Jean-Michel Kajdan
Au Violon : Mathilde Febrer
Au Piano Xavier Eymeric
Jusqu’au 14 juin
Du mardi au samedi à 20h, dimanche à 17h
Théâtre des Variétés
7, bd Montmartre, 75002 Paris
http://www.theatre-des-varietes.fr/
Réservations : 01 42 33 09 92
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Je voudrais savoir si son végétarisme est visible ds cette piece.
si oui j irai voir, car je pense que plus on militera pour ça, mieux le monde ira.
merci bcp.