Un Cid au sang chaud flamenco

Il est de retour. Voilà 10 ans que le metteur en scène, Thomas Le Douarec, avait monté le Cid version Flamenco. Il revient avec le soleil andalou, le murmure des combats et les talons aiguisés.

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Le Roi de Castille choisit Don Diègue comme gouverneur de son fils. Don Gomes en est ulcéré et gifle Don Diègue. Celui-ci demande à Rodrigue, son fils, de le venger de cet affront. Don Gomes est le père de Chimène, l’amante de Rodrigue. Il choisit de défendre l’honneur de sa famille contre son amour. En duel, Rodrigue tue Don Gomes. Chimène demande la tête de Rodrigue au Roi. Rodrigue offre son épée à Chimène pour qu’elle le tue. Elle refuse. Pour regagner la faveur du Roi, Rodrigue part combattre les Maures. Il revient auréolé de gloire et prend le titre de Cid. Chimène demande qu’il y ait un combat contre Rodrigue pour la venger et s’engage à épouser le vainqueur. Don Sanche, soupirant de Chimène, relève le défi. Il perd son duel face au Cid. Chimène, qui n’a pas cessé d’aimer Rodrigue, renonce à le poursuivre. Et souhaite réfléchir avant de s’engager avec le Cid.

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Un jeu de talon et d’épée
Le Douarec a décidé de supprimer entre autres le rôle de l’Infante. Pour une question de rythme. Les puristes pourront crier au vol de l’Infante. Au viol du Cid. La pièce bien sûr. Ce n’est pas le premier à l’avoir fait. Nul vol. Nulle édulcoration. Le Cid a été revisité. Corneille bousculé, l’Infante évaporée, Léonor oublié, le Page remisé. Et c’est réussi. La mise en scène compresse l’intrigue pour donner une place plus importante à l’aspect « combatif » de la pièce. Et ce accompagné de touches flamencas.

Dès le début, le décor est planté. Les murailles de pierres sont pourléchées par des lumières ombrées avec des reflets jaunes, rouges, or. Tout est sous le signe de la chaleur. Le jeu des comédiens débute de façon un peu maladroite. Olivier Bénard dans le rôle du Cid démarre comme la plupart des comédiens sur un tempo manquant de profondeur et de rythme. Pour se reprendre par la suite. Seul Florent Guyot dans le rôle de Don Fernand, Roi de Castille, brille dès le premier vers. D’un grand talent et ce avec une maîtrise de la métrique, du vers. Indéniable. Nulle fausse note. Tout est majestueux. C’est un roi de Castille déjanté, maniéré, et friand du beau Cid.

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Chimène, habitée par Clio Van de Walle, oscille entre amour et violence. Une belle composition menée avec beaucoup d’allant. Une gamme de sentiments qui donnent une dimension toute cathartique au personnage. Ici nul demi-ton. Jean-Pierre Bernard, dans le rôle de Don Diègue, est calme. Presque discret. Jouant de sa colère pour pousser son fils à la vengeance sous des dehors de vieux sage. Marie Parouty, dans le rôle d’Elvire, est une gouvernante de grande allure. L’une des rares sur scène à avoir planté rapidement un cachet. Une griffe. Don Gomès, sous les traits de Gilles Nicoleau, est tout en force. Un peu trop parfois. Avec toutefois, une vraie présence scénique. Aliocha Itovich donne un personnage un peu trop effacé voire timoré de Don Sanche. Et Jean-Paul Pitolin dans le rôle de Don Arias est de très bonne tenue. Avec un très beau rôle.

Flamenco, la danse du combat
Les danseurs ont un jeu de Flamenco très technique. Manquant parfois de sensualité. Ici, le Flamenco devient une danse de combat. Avec une cambrure des corps très martelés. Des taconeos relevés, rapides, rythmés. Le Flamenco se fait presque l’instigateur du meurtre de Don Gomès qui pousse Rodrigue à le tuer. Tous les combats ont pour prémisse la douleur du chant et le rythme de la danse. Donnant à la pièce une atmosphère de souffrance et de combat. Le Cid Flamenco ? Voilà une belle osmose entre théâtre et danse !

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Le Cid
De Corneille
Mise en scène : Thomas Le Douarec
Assistante à la mise en scène : Nassima Benchicou
Avec : Olivier Bénard, Jean-Pierre Bernard, Luis de la Carrasca, Florent Guyot, Aliocha Itovich, Gilles Nicoleau, Marie Parouty, Jean-Paul Pitolin, Melinda Sala, Enrique Santiago, Kuky Santiago, Clio Van De Walle
Chanteur : Luis de la Carrasca / Pablo Gilabert
Guitare : José Luis Dominguez / Anton Fernandez
Cajon : Enrique Santiago / Miguel Sanchez / Edu
Danseuse : Melinda Sala / Karla Guzman
Danseur : Kuky Santiago / Carlos Hernandez
Musique : Luis de la Carrasca
Costume : Corinne Page
Décor : Claude Plet
Lumières : Gaël Cimma

Réglage des combats : Patrice Camboni
Jusqu’au 28 juin
Représentations du mardi au samedi à 20h45, dimanche à 16h

Théâtre Comedia
4 boulevard de Strasbourg
75010 Paris
http://www.theatrecomedia.com/
Réservation : 01 42 38 22 22 – 08 92 69 36 22
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