“Vivre c’est ne pas se résigner”.

La nuit du 2 au 3 Novembre 1793 est la dernière nuit de Marie Gouze dite Olympe de Gouges, auteur en 1791 de la “Déclaration des droits de la femme et de la Citoyenne”.

A la veille de son exécution, suite à sa condamnation à mort par Robespierre, celle-ci se remémore, dans une lettre d’adieu qu’elle destine à son fils, les évènements par lesquels son destin a lentement basculé. Tour à tour épouse bafouée, courtisane assumée, auteur de théâtre engagée s’opposant à l’asservissement de l’être humain (qu’il soit du joug du maître ou d’un mari omnipotent) puis femme politique ; Olympe de Gouges est l’une des premières grandes féministes françaises. Ses engagements avant-gardistes, qu’ils soient en faveur de la liberté d’expression, de l’égalité des sexes ou de l’abolition de l’esclavage et de la peine de mort, l’ont exposée à l’opprobre public et lui ont coûté la vie. A la lueur vacillante d’une bougie, celle dont le destin vient d’être scellé par les jacobins nous emporte dans le souvenir d’une vie haute en couleurs à l’issue dramatique.

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La première fémininiste…
Dans une mise en scène minimaliste signée par Marc Jolivet, le Petit Théâtre de Paris devient la geôle dans laquelle Caroline Grimm, seule en scène, entraîne le spectateur dans la solitude de cette grande dame, abandonnée de tous à la veille de son exécution. S’il est important que le spectacle vivant rende hommage à ce brillant personnage, on reste dubitatif face à l’accent du sud forcé dont l’actrice teinte sa voix pour renvoyer à la jeunesse montalbanaise d’Olympe de Gouges (dont la langue maternelle était l’occitan). Le procédé, s’il peut éventuellement se justifier, est irritant et donne un aspect artificiel au texte, empêchant le spectateur d’entrer pleinement dans la pièce. On est néanmoins saisi par la sincérité de l’interprétation de Caroline Grimm, visiblement très touchée par ce rôle.

Ne cédant pas aux sirènes du procès de canonisation, Moi, Olympe de Gouges présente une femme humaine avant tout, dont les intérêts personnels ont rencontré ceux de l’Histoire, allant même jusqu’à les devancer. Il est impossible de ressortir indemne de cette heure passée dans la geôle de ce personnage hors norme dont les combats ont gardé, aujourd’hui encore, toute leur actualité.

[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"]
Moi, Olympe de Gouges
De et avec Caroline Grimm
Mise en scène de Marc Jolivet
Jusqu’au 23 mai
Du mardi au samedi à 19h
Au Petit Théâtre de Paris
15, rue Blanche, 75009 Paris
http://www.theatredeparis.com
Réservations : 01 48 74 25 37
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