L’Atmosphère…de M’dame Raymonde
Arletty pour muse… Le 15 mai 1988, Denis d’Arcangelo et Philippe Bilheur vont chanter avec leur orgue de barbarie sous les fenêtres d’Arletty, qu’ils admirent et dont ils s’inspirent. Elle leur ouvre sa porte… La magie d’une rencontre. Puis, d’imitation en écriture, les « petits chanteurs d’amour » de cette grande d’âme, vont créer trois pièces pour la rue mettant en scène le personnage de Madame Raymonde, « Diva du petit Monde ».
Depuis, les récitals se succèdent : Madame Raymonde (2001), Madame Raymonde revient (2008) et enfin Madame Raymonde exagère ! (2009).
Ah ! Paris !
Un lever de rideau en chanson donne le ton, nous sommes priés de ne pas exhiber notre engin téléphonique sous n’importe quel prétexte.
Dans un décor simple et intimiste, Madame Raymonde nous reçoit dans son petit chez soi fait de chansons populaires, parsemées de réflexions pour ne rien dire à vous saouler de rire ou de petites révoltes, épinglant les ripoux de ce monde. Le pousse-au-crime trône sur la table de bistro et vient régulièrement désaltérer le gosier de la castaphiore.
Accompagnée de son fidèle accordéoniste, le Zèbre, elle navigue dans un répertoire de chanteuses réalistes, Lily Fayol, Gaby Montbreuse et réinvente le texte de son interprétation magistrale. Elle chante aussi Amy Winehouse dans une réécriture « désintoxiquante », ou Charles Aznavour dans une réadaptation aux petits oignons.
Madame Raymonde trimballe tout son univers avec elle… le Paris d’Arletty, l’Hôtel du Nord, Pigalle, le bois de Boulogne, les escaliers de la Butte, Montmartre… un Paris noir mais attachant. On imagine les pavés ruisselants de pluie, la nuit, la lumière d’un lampadaire, les déambulations des filles…
De tour en tour, de chanson en chanson, le comique et le tragique se bécotent sur les bancs publics….
« Dans le sac à main de la putain
Y a deux cent mille balles de turluttes
Deux cent mille de barbe à papa
Pour le môme qu’elle n’aura pas »
Et puis cette voix venue des cieux, le Zèbre dans la pénombre de la scène chante « sa geisha, son gai chagrin ». Un instant de grâce. Un hommage à sa Madame Raymonde qui dans le rire dévoile aussi de ses blessures.
Un plaisir public
Avec sa langue bien pendue et ses textes bien pensés, cette personnalité généreuse n’oublie personne, tout le monde en prend pour son grade. Elle s’adresse au public, interpelle les retardataires « asseyez-vous bien gentiment sans scandale ni publicité ». Puis elle brocarde l’air de rien les hommes et leur instinct guerrier, les femmes et leur cruauté mais aussi la condition de ces mêmes femmes et des filles de joie, les enfants non considérés car sont considérables si ce n’est pas le nombre. Un Paris d’hier croyez-vous ?
Toute cette humanité elle nous la sert sur un plateau, en lumière et dans un voile de notes d’accordéon qui nous enveloppent de douceur.
On savoure les mots et l’humour de ce récital unique et plein d’amour. Un langage imagé et croquant à souhait, un jeu d’acteur d’une maîtrise telle que Denis d’Arcangelo se fait oublier. On ne voit plus qu’elle, diva humble et populaire qui parle à chacun et qui nous est si familière. On aime sa gouaille et son panache mais aussi son grand cœur. Cette souris là faut courir la voir fissa !
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Madame Raymonde exagère!
Spectacle de Denis d’Arcangelo et Philippe Bilheur
Madame Raymonde : Denis d’Arcangelo
Accordéon : Sébastien Mesnil
Lumières : Célio Ménard
Costumes : Pascale Bordet et Caroline Martel
En lever de rideau : Clémentine
Jusqu’au 26 avril 2009
Du mercredi au samedi à 19h30. Le dimanche à 15h
Vingtième Théâtre
7 rue des plâtrières, 75020 Paris
http://www.vingtiemetheatre.com
Réservations : 01.43.66.01.13
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