Simplicité et authenticité d’une balade à la campagne

Les Deux-Sèvres offrent une topographie contrastée au sein de laquelle la ruralité domine, ce qui permet à Jérôme Rouger d’esquisser un paysage authentique et sincère de son enfance passée dans un petit village.

Photo crédit Olivier Dayan

Photo crédit Olivier Dayan

Ses souvenirs procèdent par fulgurance et se font l’écho des images projetées en fond de scène qui rappellent que la chronologie n’est pas à l’ordre du jour. S’inspirant du procédé employé par Georges Pérec dans son roman « Je me souviens », Jérôme Rouger collecte les images clés de son enfance et tente de leur donner une dimension universelle. Le « Je me souviens » amorce chaque réplique afin d’enchaîner, avec toujours plus de vraisemblance, la cathartique mémorial de sa vie passée au village. Un vagabondage verbal pourfend la diachronie rigoureuse qu’aurait pu imposer la prestation. Les souvenirs abondent dans le désordre, permettant un échange, une conversation avec le public. Le débit de boissons tenus par deux sœurs, le premier baiser échangé avec une jeune fille, les matchs de foot, les anniversaires en famille, la salle des fêtes… Tous ces événements contribuent à forger une mémoire collective, celle d’un village, auquel Jérôme Rouger prête sa voix pour évoquer ces années passées. Une certaine nostalgie, pourtant niée à la fin de la représentation, domine l’ensemble de la composition d’une authentique rusticité.

Crédit photo Olivier Dayan

Crédit photo Olivier Dayan

Une scène de genre…
Les Frères Le Nain auraient pu peindre ces scènes de genre que nous évoque Jérôme Rouger tout au long de son spectacle, tant la simplicité et la générosité de ces gens qui vivent au grand air y est évoquées avec tendresse. Le comédien construit son spectacle comme un enfant échafaude sa cabane, s’étonnant du résultat, s’émerveillant de sa production. Le regard candide, il égrène un chapelet de souvenirs d’une enfance rurale dont les références populaires sont touchantes de vérité. Depuis son ordinateur, placé au milieu de la scène, Jérôme Rougier pilote la diffusion des images qui l’accompagnent dans ses pérégrinations. Apportant un peu de consistance au dialogue, elle ne force pas le rire, mais suscite la politesse d’un sourire complaisant. Décalées par rapport aux propos du comédien, elles se font l’écho d’une forme comique timide et trop prévisible. L’innocence de l’enfance est un objectif atteint pour le reste, les archives municipales des Deux-Sèvres pourraient consigner ce spectacle dans leur rayonnage. Beaucoup d’historiens du dimanche se passionneraient pour la reconstitution hasardeuse d’un passé peu objectif.

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Je me souviens
De et avec Jérôme Rouger
Mise en scène Jean-Pierre Mesnard
Jusqu’au 25 avril 2009
Du mardi au samedi à 19 heures
Réservations : 01 42 22 26 50

Théâtre du Lucernaire
53 rue Notre-Dame des Champs
75006 Paris
http://www.lucernaire.fr
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