Bas les masques…

Une circulation vagabonde à une heure tardive dans des lieux sombres où les fantasmes s’autorisent à pénétrer l’épaisseur ombreuse des espaces corrompus par le vice. Une luminosité anarchique éclaire le visage de ces filles besogneuses qui vendent leur corps pour quelques euros.

Charlotte, une jeune débutante timide et gauche rêve de devenir une chanteuse populaire tandis que Melinda, rompue à l’exercice de ses fonctions, capitalise l’argent que lui rapportent ses concessions intimes pour bientôt ouvrir son affaire au Danemark. Toutes deux ont des rêves, et l’amour vénal constitue un compromis en attendant de réaliser leurs désirs émancipés du cadre donné dans lequel elles évoluent. Mais après une robuste pénétration, Charlotte se fait embarquer avec son client au commissariat où elle se retrouve en cellule avec Melinda ramassée avec son client par une patrouille de police. Dès lors, à huis clos, les confessions se font nombreuses et mettent en lumière les désirs, peurs, espoirs des uns et des autres. Un PDG d’une grosse société d’informatique pour qui le sexe n’a pas de prix, entretient une relation suivie avec Melinda, call girl installée et dont la clientèle de haute volée est largement fidélisée. Un artisan boulanger en proie à ses pulsions, enchaîne les expéditions nocturnes pour satisfaire ses besoins d’homme marié et installé. Quatre existences, donnent voix à des mondes opposés pour lesquels le sexe, l’argent et l’espoir d’un idéal qu’ils n’atteindront peut-être jamais, constitue le trait d’union.

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Un trottoir parcouru avec légèreté
C’est avec une apparente légèreté que l’auteur, Lya Roldan, aborde un sujet fort dont on ne parle pas assez avec autant de finesse. Un huis clos derrière les barreaux est un prétexte pour mettre en lumière quatre personnages dont la sensibilité est représentative de ces usagers de l’amour vénal. Une call girl s’oppose à une pauvre fille qui pratique une prostitution de survie tandis qu’un ouvrier boulanger flairant le sexe peu onéreux s’affronte à un PDG pour qui l’argent est avant tout un moyen de communication. D’un bout à l’autre, le trottoir est parcouru, balayé par ces quatre destins qui se rencontrent malgré eux dans un espace qui force la confidence. Les barreaux libèrent la parole de ceux et celles que la nuit a réuni.

Les corps se rencontrent, se chevauchent, s’entremêlent et satisfont les exigences d’une chorégraphie simple mais efficace pour suggérer les contraintes d’une fonction salvatrice. Deux espaces, délimités par le jeu des comédiens, dessinent la cellule dans laquelle se retrouvent les deux prostituées et leurs clients. Un jeu de lumière pénètre l’intimité des personnages afin de leur rendre une parole toujours plus sincère.

La robustesse de Christophe Samocki (l’artisan boulanger) accompagne la fragilité de Maud Dhénin (Charlotte). Tous deux sont d’une étonnante sincérité et enchaînent les scènes avec force et conviction. Avec son regard coquin et conquérant, Lya Roldan interprète une call girl juste et déterminée. Aérien et précis dans son jeu, malgré quelques exagérations, Anwar Aâchari, nous livre avec amusement un personnage complexe et torturé. Efficace, simple et intelligente, cette pièce offre à voir des jeunes comédiens talentueux et déterminés.

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Confessions du trottoir
De et mis en scène par Lya Roldan
Avec Maud Dhénin, Christophe Samocki, Anwar Aâchari, Lya Roldan
Musique Frédéric Bry
Du 14 avril au 23 mai 2009
Du mardi au samedi à 20h30
Théâtre Proscenium
2 passage du Bureau
Au niveau du 170 rue de Charonne
75011 Paris
http://www.theatre-leproscenium.com/
Réservations :01 40 09 06 77 / 06 18 60 45 89
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