Quand un mariage devient une affaire d’état

Etouffé par sa famille, Toni quitte Marseille pour rejoindre Paris. Il rencontre Mathilde, fille de bonne famille, qui traverse une période difficile et a elle aussi des problèmes avec sa famille. Ils décident de quitter la ville et achètent une maison de campagne. Résolus à se marier, ils invitent leurs parents pour annoncer la bonne nouvelle. Mais c’est sans compter sur leurs ressentis…

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Des personnages qui se marient fort bien
Le décor s’ouvre sur un rez-de-chaussée d’une maison de campagne. Rez-de-chaussée composé d’une salle de séjour attenant à une cuisine que l’on devine. Le plateau est composé de belles couleurs chaudes alternant avec un jeu de lumière plus froid pour les moments de recueillement.

Tous les personnages sont très marqués, voire caricaturaux. Seuls Mathilde et Toni restent dans une posture de jeu plus neutre. Les autres couples sont dans une opposition de style perpétuelle. Tout se joue sur la bivalence des attitudes. Bivalence au niveau du couple qui ne s’entend guère. Bivalence au niveau des sentiments. Ils se détestent mais s’aiment par habitude.

Le jeu des acteurs est dans un dynamisme certain. Dans le rôle de Toni, Félicien Delon semble oublier parfois son personnage dans l’écoute avec de temps en temps un décalage par rapport aux situations. Mélodie Orru, sous les traits de Mathilde, apporte vivacité et un jeu appuyé à son personnage.

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Une très belle prestation d’Annick Roux dans le rôle de Jeanne-Marie d’Hublay, la mère de Mathilde, dans laquelle la comédienne prend le rôle légèrement hystérique d’une femme dont le rôle d’épouse et de maman n’a plus vraiment sa place dans sa vie privée. Victor et Marie-Rose Portellino, alias Alain Cauchi et Isabelle Caubère, ne cohabitent même plus. Victor a été « viré » par sa femme du domicile conjugal. D’un caractère comiquement rustre, il apporte une touche rustique et authentique à son personnage alors que sa femme est dans un mouvement plus nerveux et tendu.

Le texte prend le pas sur le corps. Peu de déplacement sur scène. Comme légèrement amputé par le décor. Le metteur en scène, Eric Civanyan, semble privilégier un jeu basé essentiellement sur les personnages et un comique de situation. Sans vouloir profiter d’une dynamique de jeu dans les mouvements. La pièce, pourtant bien défendue par les comédiens, est un peu longue dans la durée avec une fin qui prend quelques détours pour arriver trop tardivement à son but. On passe toutefois une belle soirée avec une pièce bien servie par les acteurs.

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Belle(s) famille(s)
D’Alain Cauchi
Mise en scène par Eric Civanyan
Avec Isabelle Caubère, Alain Cauchi, Félicien Delon, Thierry Heckendorn, Mélodie Orru, Annick Roux
Décor : Thierry Benoist, musique : François Peyrony
Costumes : Delphine Hayat, lumière : Eric Civanyan
Jusqu’au 29 mars 2009
Du mardi au samedi à 21h00, matinées samedi à 17h00, dimanche à 15h30.
Réservation : 01 48 07 52 07

Au théâtre Comédie Bastille
5 rue Nicolas Appert
75011 Paris
http://www.comedie-bastille.com
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