Personnes à la pension
Dans une pension tenue par Meg et Peter Boles, un vieux couple dont la banalité des rapports est rarement bousculée par le contact de la clientèle, Stanley est le seul client. Deux hommes, McCann et Goldberg, font irruption à la recherche de Stanley. Que lui veulent-ils ? Qui sont-ils ? L’anniversaire de Stanley bouscule les habitudes et réveille la pension. Peut-être le dernier pour Stanley. A moins que McCann et Goldberg en décident autrement.
Décor et personnage à la renverse
Le décor est une grande table claire autour desquels trônent six chaises de la même couleur. Une septième de couleur noire est située presque hors scène. Trois miroirs sont situés derrière la table formant ainsi une sorte de paravent. Projetant une vue renversée des personnages. Comme si on voyait en chacun d’eux l’envers du décor. Les miroirs donnent une impression de passage. Il n’en est rien. Ou presque. Le décor semble stable par la table, bancal par les chaises et renversé par les miroirs.
Le couple Meg et Peter est dans une banalité de rapport que rien se saurait réveiller. Sauf l’anniversaire de Stanley. Plutôt réussi dans le mouvement. McCann et Goldberg ont l’air de deux détectives en recherche perpétuelle dans une dynamique de jeu cassant avec celui de Meg et Peter. Stanley est dans un rapport ambigu de force, de tension et d’apathie.
Florica Malureanu et Michel Fagadau ont voulu symboliser par le décor les rapports entre les personnages. Des rapports bancals. A la fois neutres et renversés. Presque absurdes. Les dialogues sont comme des îlots de mots. Entourés de silence. Le théâtre d’Harold Pinter fait la part belle à la banalité des dits. Pour mettre en abîme le non-dit. Une parole banale mais habitée par le précipice de la désespérance. Comme le reflet de l’incompréhension des rapports humains. La mise en scène de Michel Fagadau en retranscrit le rythme. Au risque de s’interdire souvent une dynamique de jeu soutenue.
Dans le rôle de McCann, Nicolas Vaude habite remarquablement son personnage à la fois drôle, nerveux et étrange. Lorànt Deutsch, dans Stanley, est dans un jeu bien dosé où il montre son talent à multiples facettes. Meg, alias Andréa Ferréol, et Peter, alias Jean-François Stévenin, dans un jeu de composition travaillé, plantent des personnages dont la banalité des rapports semble être leur raison de vivre. Emilie Chesnais, dans le rôle de Lulu, apporte une certaine fraîcheur et enfin Jacques Boudet, dans le rôle de Goldberg, est très convaincant dans son personnage.
Les acteurs servent la pièce avec talent. La mise en scène rend un hommage appuyé au texte de Pinter au détriment d’un jeu qui aurait pu apporter une atmosphère plus chaude et colorée. Comme celle d’un anniversaire.
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L’anniversaire
De Harold Pinter
Mise en scène de Michel Fagadau
Avec Jacques Boudet, Emilie Chesnais, Lorànt Deutsch, Andréa Ferréol, Jean-François Stévenin, Nicolas Vaude
Assistante à la mise en scène : Nathalie Hancq
Scénographie et costumes : Florica Malureanu
Lumières : Laurent Béal
Musique : Michel Winogradoff
Jusqu’au 12 avril 2009
Réservation : 01 53 23 99 19
Du Lundi au Samedi de 11h à 19h et le Dimanche de 11h à 15h30
Comédie des Champs-Elysées
15 avenue Montaigne
75008 Paris
http://www.comediedeschampselysees.com
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