24h chrono…
24 HEURES DE LA VIE D’UNE FEMME est sans aucun doute, un des grands chefs d’œuvres littéraires de Stefan SWEIG. C’est avec un grand plaisir que nous découvrons aujourd’hui une adaptation théâtrale innovante. Un pari risqué et merveilleusement bien réussi par Freddy Viau, qui nous propose un spectacle intelligent et prenant. C’est si peu simple d’oser une telle aventure…
Au théâtre de l’Essaïon, ou l’espace nous entoure de ses pierres blanches belles à toucher, nous découvrons deux actrices justes, couvertes d’une émotion sublime.
Love story…
1865. Monte Carlo au casino. Mrs C, aristocrate anglaise, veuve, va faire une rencontre sans doute la plus décisive de son existence. Elle durera 24 heures. Un soir, elle croise le regard d’un jeune homme polonais, beau, fragile, suicidaire. La passion du jeu le dévaste entièrement…Il va la fasciner. La troubler, lui faire perdre pied. Comme elle le dit en narrant son histoire au spectateur que nous sommes, « j’aurai tout sacrifié si il me l’avait demandé »… Elle ne voit que lui, il ne voit que le jeu. Et si l’espace d’un instant, le jeune homme peut croire à sa rédemption, ce ne sera que pour mieux se perdre. Hélas…
Magnifique femme prisonnière de son statut social, son corps endeuillé par la vie, et son âme si belle dans son devoir de moral et son devoir de sauver ce jeune homme venu de nulle part, mais si beau… 24 Heures de combat, d’acharnement, de colère et de larmes… Puis de renoncement. Parcourir le temps compté, à coups d’illusions et de rêves. Jusqu’où peut-on aller par désir, par conviction, par trouble manifeste ? Sweig répond très bien à cette interrogation. Même si chacun entendra les mots qu’il souhaite pour mieux comprendre ce message d’amour.
Une femme lumineuse…
C’est avec un respect inouï, que laure Meurisse porte à bout de voix, le texte de Stefan Sweig. Sa voix est belle, ses robes tourbillonnent, s’abandonnent, et nous emportent là dans une chambre, là dans une calèche, là au casino… Toute la finesse d’une scénographie signée Nicolas De Ferran, et qui emmène l’actrice au sommet de son talent.
Il faut l’entendre nous raconter… » Les mains des joueurs, claires et agitées, aux aguets. Les unes nues, poilues ou flexibles, mais toutes nerveuses et d’une immense impatience »… Et nous les devinons ces mains, nous les voyons devant nous, tant la narratrice nous les fait vivres. Si le texte est magnifique et donne toute sa force à cette pièce, il faut reconnaître avec une grande humilité le génie de Laure Meurisse. C’est-elle assurément Mrs C ! Famille talentueuse quand tu nous tiens… (Laure Meurisse est la petite nièce de Paul Meurisse). Mona Lou sa partenaire est dans un double jeu… La bonne, proche de Mrs C, discrète et présente, l’accompagnant avec son violoncelle et sa musique harmonieuse. Puis comme par magie, devient ce jeune homme perdu et donne la réplique avec un simple mot ou une main tendue. Elle y est parfaite, à sa place et tient son rôle avec une finesse évidente.A noter, une lumière intime et douce associant les couleurs choisies aux choses de la vie. Allez vite voir cette pièce de théâtre, qui joue les prolongations tant le succès est fort, vous ne regretterez pas d’avoir passé un moment dans l’univers de Stefan Sweig.
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24 Heures de la vie d’une femme
D’après Stefan SZWEIG
Mise en scène : Freddy VIAU
Scénographie : Nicolas DE FERRAN
Avec : Laure MEURISSE et Mona LOU
Au violoncelle Mona LOU
Costumes : Rick DIJKMAN
Lumières : James GROGUELIN
A voir jusqu’au 15 mars, le vendredi et samedi à 20h, dimanche à 18h
Théâtre de l’Essaïon
6, rue Pierre-au-Lard, 75004,Paris
Réservations : 01 42 78 46 42
http://essaion.com
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