Meurtre et inceste

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La peste sévit à Thèbes. Le roi Œdipe dépêche Créon, son beau-frère, auprès de l’oracle de Delphes qui prédit la fin de la peste si le meurtre de Laïos, ancien roi de Thèbes, est lavé. Après enquête, Œdipe remonte jusqu’à la vérité. Fils adoptif de Polybe, il a tué son père Laïos sans le savoir et a pris pour épouse Jocaste, sa mère. Pris d’épouvante, il se crève les yeux et fuit Thèbes avec Antigone, sa fille. Plusieurs années se passent. Un second oracle prédit que la cité qui accueillera Œdipe sera prospère. Arrivé à Colone, Œdipe est reçu par Thésée, roi d’Athènes, qui lui promet protection. Puis il meurt. Avec l’accord des dieux. Et en accord avec lui-même.

Pour ce spectacle, Philippe Adrien a intégré « Œdipe-roi » dans « Œdipe à Colone ». Bien que ces deux pièces aient été écrites à 30 ans d’intervalle, elles restent dans la même veine tragique. La mise en scène les a généreusement mariées. En débutant par « Œdipe à Colone », le spectacle commence par l’errance du personnage. Puis une rétrospective est faite sur le meurtre et l’inceste d’Œdipe comme point d’orgue de la pièce.

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Œdipe au cœur du complexe tragique
Ce spectacle est au croisement du théâtre antique et de la psychanalyse. La figure de Freud n’est jamais très loin. Ainsi, des événements théâtralement importants mais psychanalytiquement peu signifiants ont été ignorés. Tel le suicide de Jocaste. Le discours de Créon. Ou la supplique de Polynice, le fils d’Œdipe, à son père.

Nous savons peu de chose des représentations du théâtre antique. Le chœur reste problématique à tout metteur en scène. Philippe Adrien le décline en un, trois ou cinq comédiens. Habillé de noir, le chœur gémit ou chante des hymnes éplorés marquant de façon ascendante le mouvement du drame. Et ce de toute beauté. oedipe2

L’humour est au rendez-vous de certaines scènes contrebalançant la noirceur du drame. Pas de couleurs claires ni dans le décor ni dans les costumes. Le jeu des acteurs est juste et habité. Œdipe, jeune et vieux, ainsi qu’Ismène, les gardes et le chœur sont vibrants de sincérité. Antigone, par un beau jeu parfois déluré, donne au personnage une coloration un peu trop en décalage des événements. Thésée laisse perplexe par son manque d’émotion.

La scène est découpée en deux parties. L’une représente un intérieur. D’un palais. D’un buisson. Du temple des Euménides. L’autre représente un extérieur. D’une place. D’un chemin. Le tout est séparé d’un rideau noir.La dernière scène fait apparaître, dans le rôle du messager, un enfant habillé de vêtements clairs portant un cartable. Encore la figure de Freud. Avec le complexe d’Œdipe. La beauté du spectacle est au rendez-vous. Saluons un très bel effort de mise en scène. Et une très belle prestation d’acteurs.

[slider title="INFORMATIONS & DETAILS"]
« Œdipe » de Sophocle
A la Cartoucherie – Théâtre de la tempête
Route du champ de manœuvre
75 012 Paris

http://www.la-tempete.fr/

Du 13 janvier au 15 février 2009
Mardi, Mercredi, Vendredi, Samedi à 20H30 | Jeudi à 19H30 | Dimanche à 16H00.
Réservation : 01 43 28 36 36
Mise en scène : Philippe Adrien
Avec : Vahid Abay, Vladimir Ant, Mylène Bonnet, Monica Companys, Stéphane Dausse, Stéphane Guérin-Tillier, Catherine Le Hénan, Bruno Netter, Jean-Luc Orofino, Bruno Ouzeau, Anne-Laure Poulain
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