Un avare bien à part…
Elise, la fille d’Harpagon, aime Valère, l’intendant de celui-ci mais elle est promise à Anselme un riche vieux seigneur. Cléante, le fils, est amoureux de Mariane dont Harpagon est épris. Dans ce chassé-croisé amoureux, où seul compte pour Harpagon les dots de mariage, se nouent différentes intrigues dans lesquelles les amants échafaudent des plans pour se marier selon leur convenance. Et par un heureux concours de circonstances, Mariane et Valère découvrent qu’Anselme est leur père. Ainsi Harpagon peut acquérir une dot inespérée et tous les amants peuvent se marier. Il se retrouve ainsi seul… avec sa cassette d’écus.
Jeu et rythme
L’Avare a été écrite en prose, peu courant à l’époque pour une pièce en cinq actes. Comme souvent chez Molière, le sexisme et le mariage forcé sont au premier plan de la pièce avec en toile de fond des intrigues amoureuses.
La mise en scène de Nicolas Liautard est servie généreusement par les comédiens dans un rythme enjoué. Le décalage de style et de ton entre les acteurs, tels Frosine forte en gueule, Valère très courtisan et Anselme en parrain, donne une touche très humoristique à la pièce.
Le décor, composé d’une plaque de verre rectangulaire entourée d’une plage de sciure et de son, permet un jeu d’acteurs ample et bien rythmé. Le seul accessoire est une chaise comme pour montrer l’avarice d’Harpagon. Ce minimalisme donne au jeu une grande liberté de mouvements. Seule est éclairée la plaque semblant symboliser la maison d’Harpagon. Le reste est dans une semi obscurité où se trament des intrigues.
A l’exception de Valère, Cléante et Elise dont leur élocution est timbrée par une sonorité très XVIIème siècle, tous les autres personnages tels que Frosine, dans un rôle très « parisienne », Anselme, en parrain de la Camorra ou maître Jacques en cuisinier bravache, ont un phrasé à la fois rapide et bousculé. Les costumes sont de différentes époques. Façon « Brigade du tigre » pour le commissaire, costume sobre pour Harpagon, tailleur et talons aiguilles pour Frosine, style « Gavroche » pour La Flèche. Cette mosaïque de personnages et de costumes vient habiller de différentes couleurs la maison d’Harpagon où l’espace est comme vide.
Quant à Harpagon, c’est un vieil homme comme se parlant à lui-même, ayant pour passion dévorante l’argent. Il finit seul avec sa cassette. Son phrasé semble rythmé par les événements et les intrigues. A la fois hésitant et perdu dans l’élocution ou habité par son obsession, on découvre un Harpagon esclave de son avarice. Comme si elle avait raison de lui.C’est une belle mise en scène originale que nous propose Nicolas Liautard avec un jeu des comédiens plein d’entrain et de force. Un vrai régal !
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L’avare
De Molière
Mise en scène de Nicolas Liautard
Avec Eddie Chignara, Jean Pol Dubois, Nelly Froissart, Lazare Herson-Macarel, Célia Rosich, Marion Suzanne
Quartiers d’Ivry Théâtre Antoine Vitez
1, rue Simon Dereure,
94200 Ivry-sur-Seine
Du 5 janvier au 1 février 2009
Du mardi au samedi à 20h, jeudi à 19h, dimanche à 16h
Réservation : 01 43 90 11 11
Scène Watteau de Nogent
Place du théâtre
94736 Nogent/Marne cedex
Du 3 au 13 février
Du mardi au samedi à 20h30, dimanche à 15h.
Réservation : 01 48 72 94 94
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