Un triptyque original sur les relations de couples
Le théâtre Essaïon nous présente un spectacle inédit composé de trois pièces courtes d’Israël Horovitz. Patrice Vion, qui a signé la mise en scène, nous entraîne dans un univers décalé, fondé sur la rencontre d’un homme et d’une femme à différents âges de leur vie. La pièce se joue dans une petite salle voûtée du théâtre avec deux piliers répartis de part et d’autre de la scène se prêtant fort bien au jeu intimiste des comédiens. La scénographie est épurée avec pour tout décors un banc et deux mannequins en guise de portes manteaux.
Un soixante-quinzième plein d’énergie
Le soixante-quinzième décrit la rencontre d’un homme (Cookie) et d’une femme (Amy) qui sont réunis à l’occasion de la soixante quinzième édition de la promotion « x » du lycée de Wakefield. Ils croient se connaître et fouillent leur passé commun à la recherche d’une complicité oubliée. Ils sont les seuls rescapés de cette promotion. Cookie, juif américain à l’humour douteux tente de surmonter ses divergences avec Amy, W.A.S.P. qui déteste les juifs. Malgré leurs divergences, ils racontent leur vie et projettent de se revoir. La mise en scène originale de cette pièce nous livre des personnages décalés qui tantôt revêtent les accents de la vieillesse, tantôt sont volubiles et plein d’énergie. On retiendra avec bonheur le rock endiablé de Cookie et d’Amy, deux êtres égarés partis à la recherche d’eux-mêmes. Les comédiens jouent un jeu sobre propre à donner à leurs personnages la coloration nécessaire à ces deux paumés.
Une marelle sans septième ciel
La marelle met en scène deux protagonistes à l’entrée d’une ville, Elsa qui joue à la marelle avec sa peluche et Will qui l’observe. La marelle est avant tout une pièce lourde et pesante. On n’en ressort pas indemne. Au début on ignore tout de ces deux personnages. On apprend qu’il l’a quitté alors qu’il avait 17 ans ; elle en avait tout juste 16. Will et Elsa ont un lourd passé. Son départ l’a désespérée et elle s’est sentie abandonnée et trahie. Elle traîne cette peluche comme un fardeau sur ce jeu de marelle, un peu comme un reste de l’enfance qu’on a peine à se débarrasser. Il la regarde évoluer et tente de renouer les fils du dialogue. Mais en vain. Ce qui remplit Will de désespoir. Cette pièce est magnifique et les dialogues sont forts. Elle réclame une grande énergie afin que la sincérité des personnages éclate sur scène. A défaut, la qualité du spectacle s’en ressent et la crédibilité des personnages est entachée par ce manque de rythme. Du coup, les répliques assassines n’ont pas le même impact et tombent à plat. Ce fut le cas malheureusement lors de cette représentation.
Des acrobaties burlesques
Les acrobates constituent le dernier volet de ce triptyque. Un couple évolue sur scène, vêtu en acrobates et réalise des numéros d’acrobatie tout en s’invectivant. On aurait pu appeler cette histoire désopilante : « scène de ménage sous le chapiteau ! » Chaque numéro burlesque est précédé par la question rituelle « prêt ? » auquel il est toujours répondu « Prêt ! ». Une fois en équilibre, le couple peut enchaîner avec la même verve sur leurs velléités de divorce ou de séparation. Cet univers cocasse clôt ce spectacle très complet.
Où baroque rime avec Horovitz
L’univers baroque d’Israël Horovitz offre aux spectateurs le plaisir de découvrir ou de redécouvrir des histoires qui ont pris naissance au sein de sa ville natale de Wakefield. Certaines pièces sont empreintes de morceaux de vie de l’auteur ; ce qui rend l’œuvre si attachante. Patrice Vion a pratiquement gagné son pari en créant ce superbe patchwork d’histoires où le seul vainqueur est l’humour « horovitzien ».
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A bout de couples
D’Israël Horovitz
Mise en scène de Patrice Vion
Avec Fanny Malterre et Sallia
Du 9 janvier au 21 mars 2009
Les vendredis et samedis à 20h00
Réservations : 01.42.78.46.42
Théâtre de l’Essaïon
6 rue Pierre au lard, 75004 Paris
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